A la rencontre de Penne j’ai évoqué le cas du jazz à partir du fait que Hugues Panassié et Noël Arnaud sont tous deux passés par Montauban.

Il a été rappelé que Noël Arnaud a été lié au jazz et les effets de la présence de Panassié à Montauban quand il habitait d’abord au Château de Gironde dans l'Aveyron puis Faubourg du Moustier à Montauban

Un des plus grands amis de Noël Arnaud s’appelait Jacques Bureau, un fondateur du Hot Club… avec Hugues Panassié. Avec lui il a écrit un livre sur Duke Ellington. Puis Noël Arnaud, à partir de 1947 est devenu un grand défenseur de Boris Vian qui a eu envers Hugues Panassié les insultes les plus dures. J’aurais aimé que quelqu’un m’éclaire sur la façon dont Noël Arnaud a géré cette contradiction. J’y reviendrai mais en attendant voici le portrait de Jacques Bureau. Et ci-contre la Une de Transfusion du Verbe que vous pouvez acheter à 452 euros ! J-P Damaggio

 

Éléments biographiques

Jacques René Bureau naît le 6 février 1912 à Paris 8e.

Ingénieur agronome de formation, Jacques Bureau est d'abord agriculteur sur une grande ferme près de la Loire.

En 1929, il découvre le jazz. En 1930, il fonde le Hot Club de France, avec Hugues Panassié (qui en devient le président), Pierre Noury, Pierre Gazères, Edwin Diratz et Jacques Auxenfans. L'année suivante, il est le premier commentateur et critique de jazz à Radio LL, la radio privée de Lucien Lévy. En 1933, il invite Charles Delaunay, son ami de lycée, à faire partie du Hot Club de France.

En 1937, il fait partie du groupe Les Réverbères qui réunit les rescapés du dadaïsme et du surréalisme. L'année suivante, il fonde la revue correspondante Les Réverbères.

En 1939, à la déclaration de guerre, il est envoyé en Syrie.

Après la défaite, il rentre en France. Il fait partie du groupe de La Main à plume, avec son ami Noël Arnaud.

Il est engagé volontaire dans le SOE britannique et met ses connaissances techniques en matière de communications radio au service du réseau Prosper-PHYSICIAN, jusqu'à son effondrement mi 1943. Le 14 juillet 1943, le SD l'arrête à son domicile[1], en même temps que sa femme Reine et deux personnes qu'il héberge cette nuit-là [2]. Il est incarcéré à Fresnes, et interrogé plusieurs fois par le SD avenue Foch, qui pense détenir en lui un technicien de haut niveau, susceptible de livrer les derniers secrets des alliés en matière d'ondes décimétriques, c'est-à-dire de radar, et qui, au lieu de le déporter dans un camp de la mort, le dirige vers de simples prisons, à Berlin puis à Brunswick.

La paix revenue, il devient, au ministère de la Santé, spécialiste de la conception d'hôpitaux et de leur équipement ; il parcourt ainsi le tiers monde pour préparer la construction d'hôpitaux universitaires adaptés à la médecine moderne.

En 1954, il conçoit les modules électroniques de la première œuvre artistique interactive au monde, sous la direction de Nicolas Schöffer qui en est l'auteur, la Tour Spatiodynamique Cybernétique, une sculpture de 50 m de haut exposée durant l'été au salon des travaux publics à Paris, Parc de saint Cloud.

Jacques Bureau meurt le 28 septembre 2008. Il est enterré au cimetière de Melleroy (Loiret).

Ouvrages

Contributions aux éditions de La Main à plume