résultats en Bolivie

 

Le décompte des voix fut transparent pour le premier 80% des bulletins, puis pendant 24 heures le décompte a disparu. Voilà les raisons de la colère d’une partie des opposants à Evo Morales.

De l’autre côté les zones rurales fortement favorables à Morales déclarent que comme toujours leur vote plus tardif, fait basculer les tendances.

Le doute provient d’une manœuvre d’avant les élections. Comme Chavez, Morales a fait voter les Boliviens pour savoir s’ils souhaitaient changer la Constitution pour lui permettre de se représenter. Le NON l’a emporté comme au Venezuela. Mais Chavez a alors fait revoter et le OUI l’a emporté mais comme chacun sait c’est la maladie qui a gagné.

Le Tribunal Suprême de Bolivie a prétendu qu’il avait le droit de se représenter. Ne pas respecter un référendum serait donc devenu un sport généralisé ?

Et Morales s’est représenté car le mode de scrutin électoral ne nécessite pas 50% pour être élu mais seulement plus de 40% avec un écart de plus de 10% avec le suivant (système qu’on retrouve au Nicaragua).

Bilan, avec la guerre sur les résultats la fracture entre la partie urbaine et la partie rurale du pays va s’approfondir et Morales va continuer une politique qui malheureusement ne prend pas le mal à la racine. Je n’ai aucun doute, il va rester au pouvoir mais ce succès douteux n’est pas en mesure de changer la tendance : alors que les forces de gauche d’Amérique latine, quand elles ont eu le vent en poupe auraient dû inventer une voie économique nouvelle. Il y a eu des tentatives avec l’Alliance bolivarienne mais pour l’essentiel c’est la voie classique de la social-démocratie qui a pris le dessus. Est-elle préférable au retour de la droite dont nous voyons les effets au Chili ou ailleurs ? Au Chili, avec Bachelet, dont le dernier mandat a été soutenu par le parti communiste, la tendance classique au développement des inégalités a été régulier et plus grave encore sous la gestion Lula au Brésil. Il y a là un cercle infernal où les deux adversaires se donnent la main ne laissant aux déshérités qu’un moyen de révolte, le spontanéisme qui étant dénué d’organisations est conduit à s’épuiser. Les situations française, chilienne, et algérienne sont très différentes et pourtant la révolte des oubliés est partout, dans des formes différentes, sans chefs. Je sais, mes amis anarchistes en sont heureux mais on ne répond pas à une crise profonde comme celle que nos sociétés connaissent, sans projet élaboré. J-P Damaggio