Carte-CAUSSADE-Vue-générale-aérienne-et-le-collège

 

En 1963 je suis entré au CEG de Caussade.

En 1967 j’ai quitté l’établissement qui était devenu un CES.

Un simple changement de nom ?

Pas du tout. Il s’agit d’une lutte historique qui a débuté en 1833 entre l’école primaire (maternelle+élémentaire) et l’école secondaire.

Le CEG, collège d’enseignement général était l’héritier de ce qu’on a appelé à partir de 1833, les écoles primaires supérieures dont une est née aussitôt à Castelsarrasin dans l'enceinte du collège.

D’un côté l’élite qui commençait à apprendre à lire au collège d’où elle sortait avec le baccalauréat. Ce système a pris le nom de lycée et ceux qui y enseignaient étaient des professeurs.

De l’autre l’école primaire doublée d’un prolongement, l’école primaire supérieure sous la direction des instituteurs.

Une partie des autorités syndicales des instituteurs a toujours rêvé que l’école primaire se prolonge jusqu’au BEPC ce qui était le cas avec l’école primaire supérieure, puis les cours complémentaires et les CEG.

Une part des autorités professorales tenaient à ce que l’enseignement secondaire débute en 6éme.

En créant le CES De Gaulle a tranché.

L’intervention des instits s’est arrêté en CM2 mais fin des écoles primaires dans les lycées.

L’intervention des profs pouvait débuter après le CM2 dans deux types d’établissements : les collèges et les lycées.

La vie au lycée ne débutant alors qu’à partir de la classe de seconde dans des établissements MIXTES.

Revenons au CEG de Caussade. Du directeur aux enseignants beaucoup venaient du monde des instits avec des polyvalences multiples pour un corps spécial le PEGC.

Concrètement à la fin de la classe de quatrième on m'a demandé si je voulais continuer en troisième dans l'enseignement long (pour aller vers le lycée) ou dans l'enseignement court. J'ai choisi l'enseignement court mais à la fin de la troisième j'ai pu rejoindre le lycée où des enseignements permettaient de reprendre le fil de l'histoire. Le problème c'était pour les langues.

Avec le CES fini le directeur et vive le principal. Un changement de nom ? Pas seulement : le directeur était un ancien enseignant et le principal un administratif.

Il y a eu quelques luttes pour que le directeur puisse devenir principal, pour dénoncer le gaullisme etc.

Or avec le nouveau système s’en était enfin fini de l’existence d’une filière élitiste à côté d’une filière populaire. Comment ne pas s’en réjouir sauf à défendre des intérêts catégoriels ?

En effet, dans cette affaire non seulement l’univers instit perdait une entrée dans les collèges, mais l’école élémentaire elle-même perdait les deux années de classes de fin d’études pour ceux qui après le CM2 n’allaient pas au collège.

En 1833 Guizot en créant les écoles primaires supérieures avait fait un grand geste en direction de la démocratisation mais il était temps que cesse ce système et que vienne partout la mixité. J-P Damaggio

P.S. Pour bien comprendre la question de la mixité il suffit de se rappeler qu’à Montauban le Lycée Ingres des garçons est né en 1870 et le Lycée Michelet des filles en 1886 (auparavant elles allaient dans l’ancien collège d’où les garçons étaient partis pour le lycée en 1870)