Argentine : Mauricio Macri pavoise
Scioli et Cristina Kirchner
En Argentine comme au Chili pour gagner au premier tour une élection présidentielle, il faut passer la barre de 40% et avoir plus de 10% sur le suivant. Daniel Scioli, soutenu par la présidente sortante Cristina Kirchner, était favori et pensait l'emporter. Or il perd sur les deux tableaux.
Mauricio Macri, le Berlusconi Argentin, avec 34,45% des suffrages crée la surprise. Je l'ai évoqué pour la première fois sur le précédent blog en 2010. Voir ICI.
Après 12 ans de pouvoir de Nestor Kirchner (2003-2007), puis de son épouse Cristina Kirchner (2007-2015), qui ne pouvait pas briguer un troisième mandat, le pouvoir va changer de main car Macri devient largement favori.
Scioli avait senti venir ce virage à droite de l'opinion et avait donc décidé de mener une campagne beaucoup plus au centre que Cristina Kirchner.
Comme au Chili pour Bachelet, sa coalition rassemble y compris le parti communiste (Frente para la Victoria : Partido Justicialista, Partido Intransigente, Partido Federal, Partido Comunista, Partido Humanista, Frente Grande, Partido de la Victoria, Partido Solidario, Kolina, Encuentro por la Democracia y la Equidad, FORJA, H.A.C.E.R. por el Progreso Social, Por la Soberanía Popular (Jujuy) ).
Daniel Scioli totalise 36,73% des voix et pourrait espérer l'appui d'électeurs du député Sergio Massa (21,33%) un dissident kirchnériste mais la campagne a révélé plus de point commun avec Macri.
Quant à la gauche (en Argentine le débat gauche/droite a toujours été biaisé par le péronisme) le trotskyste Nicolas Del Cano pèse peu (3,28%), et la candidate de Margarita Stolbizer (2,54%) pas davantage.
Que penser de ce glissement à droite du corps électoral quand on se souvient des luttes populaires qui ont traversé et traversent le pays ?
Mauricio Macri, le maire de Buenos Aires, est l'ancien président du club de football de Boca Juniors, ce qui lui a permis d'accéder à ce poste stratégique. En attendant le second tour, l'autre victoire surprise de sa coalition Cambiemos, dès le premier tour, est celle de Maria Eugenia Vidal, qui devient la prochaine gouverneur de la province de Buenos Aires.
En Argentine comme ailleurs, la politique change de nature et les forces de gauche restent incapables d'adapter leur riposte… sauf à s'aligner sur les programmes de la droite ! A suivre. Jean-Paul Damaggio
