Suite à mes articles sur le Pérou, j'ai eu le plaisir de recevoir un commentaire de Pierre-Olivier Combelles avec quelques documents qui prouvent qu'il est toujours sur la brèche, celle que je partage largement, la lutte contre l'extractivisme. Toute la cordillère est riche en minéraux divers et pour le "bien" des habitants les pouvoirs en place poussent au développement des mines, les richesses ainsi acquises pouvant assurer ensuite de la redistribution vers les plus pauvres. Sauf que je l'ai vérifié aussi bien au Chili, qu'au Pérou, l'essentiel pour le peuple, c'est la lutte pour l'eau, or les mines l'utilisent en quantité. L'écologie en France et dans de tels pays n'est pas sur les mêmes rails. D'autant que la contradiction est immense entre d'une part la richesse locale de la biodiversité et les destructions que les grandes compagnies minières imposent ! Ceux qui luttent contre l'extractivisme ne sont pas des attardés ; ils savent que l'industrialisation à marche forcée (l'URSS a été championne) tue les hommes plus qu'elle ne les aide. La stratégie des gauches latinos-américaines qui ont fait leur succès (la redistribution aux pauvres) a atteint ses limites (on assiste au retour des droites). Il s'agit d'inventer un autre type de système de production.

Bref c'est dans le Courrier de la nature (on ne peut lire l'article que si on est abonné) que Pierre-Olivier Combelles a fait un point en 2014 dont je donne les premières lignes. J-P Damaggio

 

Nouvelles du Pérou et de Pitunilla (2006-2014)

Dans le n° 226 du Courrier de la Nature (mai-juin 2006), j’avais publié, avec mon épouse Katia Humala Tasso, un article intitulé « Flore et faune d’une vallée de la cordillère des Andes méridionales du Pérou », dans lequel nous présentions le milieu naturel et les cultures des environs de Pitunilla, le domaine agricole et centre de recherches naturalistes où nous vivions depuis 2004. Huit ans plus tard, une actualisation semble nécessaire, à la fois pour informer le lecteur de l’état de nos activités et de nos projets, mais surtout parce que la situation dans la région et au Pérou a évolué dramatiquement avec le développement de l’extractivisme (cf. encadré) comme dans l’ensemble de l’Amérique latine.

L’exploitation d’une grande mine d’or et d’argent à ciel ouvert, Breapampa, appartenant à la coentreprise (joint venture) américano-péruvienne Newmont-Buenaventura, a en effet démarré en 2012 au sommet de la montagne qui domine le village voisin de Chumpi, à quelques kilomètres de Pitunilla. Or cette montagne, d’où proviennent plusieurs cours d’eau, joue le rôle de château d’eau pour cette région au climat sec (trois mois de pluie par an au maximum).