Ancien agent de la CIA, cet élève qui a dépassé les maîtres reste un symbole du début d'une époque toujours là : celle de la domination de la criminalité organisée aux Amériques, sur toute la vie économique.

noriega

L'ancien général, décédé dans la nuit de lundi à mardi, aura connu plusieurs vies : agent de la CIA, homme fort du Panama de 1983 à 1989 renversé par les Etats-Unis puis lourdement condamné pour trafic de drogue. Il a tout de même eu le temps d'obtenir la légion d'honneur à Paris avant d'y revenir pour des années de prison !

Son surnom, «face d’ananas» “Cara de Piña” a fait le tour du monde. Le dictateur aurait pu vivre heureux longtemps mais une nuit, il est allé trop loin. C'est terrible de constater que souvent les dictateurs vont juste un peu trop loin. Je veux parler de l'assassinat en 1985 d'Hugo Spadafora.

Il a été capturé par l'armée des USA par le moyen le plus original que je connaisse : l'écoute d'une symphonie ! Sans le moindre échange de coup de feu il partit de réfugier sous les couleurs du pape. Et là, de puissants haut-parleurs crachèrent nuit et jour une musique qu'il détestait : une musique heavy metal. Pendant douze jours ! Alors il finit pas se rendre (les pressions papales y furent sans doute pour quelque chose). Après avoir dit oui à Bush et à Castro, il s'est changé en anti-impérialiste, soutenu par les plus pauvres de son pays car ainsi va la vie !

Tout n'est que légende !

 Ce que les journaux français disent trop peu, c'est qu'au Panama ils sont des centaines à pleurer cette mort : ceux qui auraient aimé qu'il parle, qu'il dise où étaient les cadavres, qui était responsable avec lui, mais non, il a préféré emporter dans sa tombe des secrets qui pouvaient provoquer d'immenses scandales. J-P Damaggio