alvear buenos aires

Au_sujet_du_Monument_Alvear

En lisant Patagonie Rebelle d'Osvaldo Bayer je croise à nouveau le général Alvear. Marcelo Torcuato de Alvear président de l'Argentine de 1922 à 1928. C'est lui qui a dû accélérer l'installation de la statue de son grand-père réalisée par le Bourdelle. Et de l'un à l'autre il y aurait beaucoup à dire.

Quand pour la première fois j'ai découvert au Musée Bourdelle les imposants éléments de la statue, j'ai été très étonné. Bourdelle qui n'a jamais reçu la moindre commande de l'Etat français aurait eu une commande du pouvoir argentin ?

Réalisé à partir de 1912 cette statue a finalement été inaugurée en 1928. Et elle siège au cœur de la capitale.

Descendre à la station de métro Las Heras continuer à pied l'avenue Pueyrredon vers le cimetière de la Recoleta et au bout sur la droite, quand on arrive à Libertador, c'est la Plaza Julio de Caro où on découvre l'incroyable statue de Bourdelle. Auparavant on a laissé sur la gauche la Plaza Francia dotée elle aussi d'une statue tout aussi imposante œuvre d'un autre sculpteur français que je ne connais pas : Edmond Peynot. Elle a été inaugurée en 1910 pour le centenaire de la révolution argentine de mai 1810. Il n'y a pas quatre mais trois figures allégoriques : l'Industrie, la Science, et l'Agriculture.

 

atelier de Bourdelle

Juste à côté de la statue il y a aussi la Plaza Intendente Alvear [fils de l'homme de la statue et père du président] où en fin de semaine se tient le marché des artisans. L'œuvre de Bourdelle célèbre donc le général Carlos María de Alvear (1789-1852), militaire et homme politique argentin, Directeur suprême des Provinces-Unies du Río de la Plata en 1815 et acteur majeur de l'indépendance argentine.

Alvear est représenté sous une statue équestre en bronze, le bras droit levé et la cape volant derrière lui. La statue est placée sur un piédestal de granite rose de 14 m de haut. Au pied du piédestal, à chacun de ses angles s'élève donc quatre allégorie en bronze de 3,7 m de haut : La Force, l'Éloquence, la Victoire et la Liberté.

Alvear commence ses études à Porto Alegre puis, en 1804, il émigre vers l'Espagne avec sa famille. Au cours du voyage, les frères et la mère d'Alvear sont tués, le 5 octobre 1804, lorsque des frégates anglaises ouvrent le feu sur leur navire. L'incident est d'ailleurs un préambule à la bataille de Trafalgar et à la guerre entre espagnols et britanniques. Les Anglais capturent les survivants, dont font partie Alvear et son père, et les envoient emprisonnés en Angleterre, où Alvear épousera plus tard une anglaise.

En hommage à sa mère, Carlos de Alvear prend le nom de Carlos María de Alvear. En dépit du destin tragique de sa mère et de ses frères par la faute des Anglais, Alvear, âgé alors de quinze ans, reçoit une éducation d'un jeune Anglais, adoptant la culture anglaise et c'est pourquoi ses adversaires l'accuseront plus tard de défendre les intérêts anglais.

Après avoir parfait son éducation à Londres, il se rend en Espagne pour réaliser son service militaire dans la brigade des carabiniers royaux, où il se distinguera au cours des batailles de Talavera, Jebenés et Ciudad Real contre la France de Napoléon.

En 1811, alors que son père est gouverneur de l'Île de León, il se sépare des armées royales et embrasse la cause indépendantiste. En 1812, il débarque à Buenos Aires avec José de San Martin, rencontré dans une loge maçonnique à Londres où se retrouvaient des natifs d'Amérique Latine issus de la haute bourgeoisie, afin de rallier la cause de l'émancipation latino-américaine. Avec San Martin, et nommé au grade de lieutenant de chevalerie, il créé le célèbre régiment des Grenadiers à Cheval qui participa à la bataille de San Lorenzo.

C'est donc cette histoire mouvementée qui a donné l'œuvre artistique. J-P Damaggio

P.S. Sur la photo de l'atelier la dame en noir donne une idée de la taille de la statue