carte brésil

Juraima_Almeida

 

 

Il y aura donc un second tour au Brésil. Mais il semble joué d’avance… vu l’avance du candidat d’extrême-droite !

Je propose cette traduction d'une longue analyse du résultat (cliquez sur le nom) que je ne partage pas totalement mais qui porte le regard sur des éléments oubliés. En particulier sur le rôle du vice-président et donc sur le rôle des militaires. Quand on a eu l’occasion de voir à la télé le comportement de l’armée en guerre contre le trafic dans les favelas de Rio (à l’approche des J.O. surtout) on comprend que l’armée se sente l’envie de commander.

Puis la lutte entre Globo et Record deux géants des médias, l’un de la classe capitaliste classique et l’autre des évangélistes.

L’attitude PT est aussi pointée du doigt mais trop peu à mon avis. L’intermède récent du pouvoir ne peut pas faire oublier que cette poussée d’extrême-droite intervient surtout après des décennies de gouvernement du PT. La carte montre qu’il conserve en partie ses bastions du Nord-est mais il y a beaucoup perdu. Il ne suffit pas de donner une prime aux pauvres, c’est du clientélisme. Il faut aussi les organiser, les aider à trouver du travail or le PT a tout fait pour en finir avec les organisations sociales. Un des anciens responsables du Mouvement des sans Terre était le candidat du parti à la gauche du PT, le PSOL et son résultat fut un fiasco total, 0,6%. N’oublions pas que le sud fut le domaine de Porto Alegre, celui du budget participatif, celui d’un PT novateur et ce fut vrai tant que le PT fut dans l’opposition. A partir du moment où il a dirigé le pays, les expériences locales furent balayées.

Ceux qui au début des années 2000 ont encensé Porto Alegre se sont par la suite effacés sans tirer les leçons de cet échec.

Après Trump, Jair Bolsonaro ? Mais alors c’est que Trump fait figure de réussite !

Au-delà de la présidentielle je suis allé regarder les résultats à São Paulo. C’est le candidat du PSDB João Doria qui a de fortes chances de l’emporter mais en fait, comme d’autres, il a oublié son parti le PSDB pour soutenir Jair Bolsonaro !

Dns le cas brésilien, le « dégagisme » fait que non seulement le PT est terrassé mais plus encore les partis de la droite classique au profit de l’extrême-droite. Et un des points est aussi considérable que l’autre pour comprendre la mutation historique de la politique à laquelle nous assistons. Le Brésil est un des piliers de l’économie mondiale et cette élection a donc des implications partout et surtout dans toute l’Amérique latine. J-P Damaggio