adlène meddi toulouse

Voilà la présentation de Wikipédia :

« Adlène Meddi né le 16 août 1975 à El Harrach, banlieue Est d'Alger, est un journaliste, reporter et écrivain algérien d'expression française. Il est depuis 2009, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire El Watan weekend. Aussi, Il est collaborateur au magazine Le Point et au site Middle East Eye. »

Ce journaliste est aussi écrivain.

En 2002, il publie aux Éditions Barzakh à Alger un premier polar, Le casse-tête turcEn 2008, toujours aux Éditions Barzakh, La Prière du Maure, réédité en 2010 aux Éditions Jigal. En 2016, il co-écrit Jours tranquilles à Alger avec Mélanie Matarese, paru aux éditions Riveneuve. En octobre 2017 sort son troisième roman, intitulé 1994, aux éditions Barzakh. Ce roman, réédité chez Rivages/Noir (Paris) en septembre 2018, reçoit le prix Transfuge 2018 du meilleur polar francophone.

A Toulouse, à la Librairie Renaissance il a présenté son dernier polar.

Savona-Meddi-Al Aswani

 Adlène Meddi avait prévu d’écrire une suite à son livre de 2008 mais justement, à ce moment là, son épouse insiste pour réaliser un reportage sur Had Ch’kala, lieux d’un massacre. Il refuse car il ne veut pas revenir sur cette histoire. Mais sa femme insiste et il accepte. Et là il découvre des survivants. Ce reportage l’a mis en confrontation directe avec ma mémoire. Un épisode de ma vie qu’il croyait avoir oublié. C’était difficile de renouer avec ça et Adlène Meddi qui entre temps à eu un enfant, raconte comment il a repris contact avec l’ambiance de cette période de terreur qu’a connue le pays dans les années 90. Il insiste pour dire que s’il y a eu la violence des islamistes, les bavures et donc la violence de l’armée, il veut pointer la violence générale. En plus de ses souvenirs et de son propre vécu, il a recontacté d’anciennes connaissances, et il a découvert que la mémoire de chacun avait été sélective. Et pendant la terreur la vie continue et en particulier l’amitié entre les trois membres de son histoire.

Bien sûr la salle comme le journaliste-écrivain était surtout hanté par l’actualité algérienne. Pour Adlène Meddi quoiqu’il arrive demain, l’Algérie a connu plus qu’une révolution ! Un peuple est né et avec une joie originale. Les autorités ne pourront plus faire d’un côté de la représentation (le formalisme ou la façade du système) et de l’autre de l’arrogance (la corruption). Et l’armée ne souhaite plus oublier qu’elle est une armée populaire.

Il est émouvant d’écouter ce personnage qui embrasse l’ensemble de l’histoire algérienne : la guerre glorieuse en 1962, la guerre honteuse en 1992 et à présent la fin de toute guerre, la grande fraternité.

Mais peut-être restons-nous trop dans l’histoire algéro-algérienne comme on reste souvent en France dans l’histoire franco-française. Il est marié avec une journaliste française.

A la question de la réception de son livre en Algérie il indique la surprise de voir les jeunes nés autour de 1994 s’en saisir pour demander des comptes aux parents car cette histoire est masquée, ignorée, oubliée etc. Le régime n’y faisait référence que pour faire peur : attention si vous bougez, pensez à 1990 !

A la question sur le journalisme algérien il indique qu’après un journalisme militant des années 90 a succédé un journalisme citoyen des années 2000 avec petit à petit un développement des réseaux sociaux qui ont déstabilisé le système. A ce jour personne ne sait qui a lancé l’action du 28 février ! Les journaux pouvaient subir les diverses pressions classiques mais pas les réseaux sociaux.

JP Damaggio

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