marie bonnevial

Voici un extrait de Wikipédia :

"Issue d'une famille modeste, Marie Bonnevial devient institutrice sous le Second Empire. Engagée contre les injustices sociales, elle rejoint en 1871 le mouvement de la Commune à Lyon qui lui vaudra d'être renvoyée de l'instruction publique. Exilée en Turquie, elle enseigne le français aux enfants de la bourgeoisie commerçante. Elle fonde en 1872, un cercle littéraire des Dames lyonnaises. Ce club est dissout en 1873 sous prétexte du non-respect de l'interdiction d'avoir des discussions politique (article 13).

Elle crée alors une école professionnelle dans le 18e arrondissement de Paris. Marie Bonnevial, pionnière du syndicalisme, organise en 1900 le congrès international de la condition et des droits de la femme. En 1899, elle représente au congrès de Paris, le syndicat qu'elle a contribué à fonder : le syndicat des membres de l'enseignement. En 1900, elle est déléguée au congrès des organisations socialistes de Paris, puis au congrès de Tours 3 Elle assiste à plusieurs congrès de la Fédération des Bourses du Travail.

De 1897 à 1903, elle écrit des articles dans La Fronde à la rubrique Travail et elle collabore à la Revue Socialiste. En 1904, elle est présidente de la ligue des droits des femmes. Le 4 décembre 1918, elle meurt de manière accidentelle."

Comme Nelly Roussel et Madeleine Pelletier elle sera un pilier de la Franc-maçonnerie.

Voici un article de la Fronde qui évoque cette féministe et va nous obliger à chercher qui est la signataire de l'article. J-P Damaggio

 La Fronde 24 mai 1900

Au Conseil Supérieur du Travail

Marie Bonnevial

Hier, au Journal officiel, paraissait la nomination des trois membres choisis, par le ministre du commerce, pour faire partie du Conseil supérieur du Travail. Ces trois membres, nommés conformément au décret qui réorganise le Conseil, sont: M. Jean Jaurès, M. Raoul Jay, professeur à la Sorbonne, et notre collaboratrice et amie Marie Bonnevial.

Le choix de ces personnalités, si diverses en apparence, montre chez M Millerand, le souci de ne point séparer les questions de travail des questions, si importantes, de l'instruction et de l'éducation Plus particulièrement, la nomination de Marie Bonnevial  prouve cette tendance qui s’affirme de plus en plus dans la formation du conseil supérieur. Institutrice, professeur dans une école supérieure professionnelle, Marie Bonnevial s'est, de tout temps, intéressée aux revendications ouvrières — même et surtout à l'époque où il était dangereux de laisser paraître ces opinions.

Victime de l'ordre moral, qui trouvait son attitude trop nettement sympathique à la République nouvelle, on lui fit comprendre que l'air de France ne lui valait rien.

Rentrée en 1877 elle recommença la lutte et, dès que la Bourse du Travail eut groupé les syndicats, organisé les revendications, elle y fut délégué par le Syndicat de l'Enseignement.

Pour elle, comme pour tous ceux qui aiment sincèrement le peuple, la plus belle réforme, celle qu'il faudrait accomplir au plus tôt, c'est d’éclairer la plèbe sur ses droits, sur ses devoirs. Contrairement à ce qu'affirment ceux qui pensent que le peuple a grand besoin d'être guidé d'une main ferme, un peu brutale, par leur main, Mlle Bonnevial croit que le peuple a droit de penser, de juger et de comprendre

Peut-être même croirait-elle que l'autorité pourrait être utile à rendre plus accessible cette véritable lumière. C'est toute la violence qu'elle est capable d'imposer.

Passionnément bonne, fervente en sa foi socialiste, elle puise dans sa croyance la force surprenante qui lui permet d'être présente, en une même soirée, aux quatre coins de Paris, de faire partie de toutes les œuvres de relèvement social, de soutenir toutes les belles causes de cette parole ardente dont les vrais convaincus gardent seuls le secret. Mais cette énorme quantité de travail n'est que le luxe de son existence extraordinaire. Marie Bonnevial trouve le moyen de collaborer quotidiennement à la Fronde, d'y recevoir ceux qui ont besoin d'elle — ils sont chaque jour plus nombreux — et surtout, de donner, avec une régularité, avec un attachement admirables, ses cours à l'école professionnelle de la rue Ganneron.

Aussi, dans tous les milieux sociaux où elle fréquente. Marie Bonnevial est-elle adorée. Quand M Millerand demanda aux délégués des syndicats quelle femme était capable de représenter le travail au Conseil supérieur, tous, d'un cœur unanime, acclamèrent notre amie. Cela ne nous surprend point, nous, qui chaque jour la voyons à l'œuvre. C'est avec une grande joie que nous la félicitons de voir son mérite mis en telle lumière.

Il faut aussi féliciter le ministre de s'être assuré le concours si ardent, si éclairé, de celle qui, mieux que personne, connaît et aime l’ouvrier.

OSMONT.