Rien sur cette dame. Pas de photo pas de bio juste le fait qu'elle a écrit quelques livres. Et qu'elle a été journalisteà La Fronde puis  à La Française de Jane Misme. Je rep^rends ici un texte sur Marie Curie et un autre en pièce jointe sur Isadora Duncan. J-P Damaggio

La Française 11 novembre 1906

Madame Curie, Une heure et demie sonne…

Une femme est entrée silencieusement et s’est installée dans une chaire de la Sorbonne où, jusqu’à ce jour, seuls, des hommes s‘étaient assis. De taille moyenne, elle est mince et plus encore que mince, effacée. Ses yeux sont tristes et creusés dans leurs orbites. Ses lèvres sont fines et pâlies – par les veilles scientifiques ou par la douleur ? Son teint incolore, la nuance indécise de ses yeux, le centre de ses cheveux la font apparaître comme à travers un voile ; on la croirait voir estompée par les brouillards du Nord. Mais sur son front superbe le génie éclate.

Touchante de modestie et de simplicité dans sa robe de deuil, elle fait son cours comme si elle l’eût repris de la veille. La vanité est assurément une des rares choses qu’elle ignore.

Aussi n’est ce pas un cours qu’elle semble inaugurer avec l’orgueil – qui eût semblé légitime – d’une femme ayant triomphé d’un obstacle… Non, c’est la continuation du cours de son mari, une sorte d’hommage rendu à la mémoire de Pierre Curie par sa veuve avec la douloureuse satisfaction d’avoir ramassé l’outil que le travailleur désarmé par la mort a laissé tomber de ses mains.

Fille d’un savant polonais, la science fut la fée bienfaisante qui se pencha sur son berceau et ne l’abandonna jamais. Car si son mari fut l’un des plus illustres parmi les savants, elle était tout au moins son égale, et ce fut lui-même qui lui rendit officiellement cet hommage que, dans l’œuvre commune, c’était Mme Curie qui avait déterminé le poids atomique du radium.

Il a fallu cependant qu’elle fût la femme et l’associée, et puis la triste veuve du savant pour que les yeux fussent attirés sur son propre mérite et qu’elle obtint la récompense qui lui était due.

Je me souviens d’une visite que je fis au ménage Curie, boulevard Kellermann où, dans un pavillon familial, je vis Mme Curie pour la première fois. C’était en décembre 1903, et la découverte du radium venait de bouleverser le monde scientifique.

Simple et douce, elle tenait par la main sa fille, sa petite Irène, qu’elle se disposait à conduire comme chaque jour, à l’école…

Parrhisia. (en grec liberté de penser)

 Note J-P Damaggio Parrhisia est Madame Cremnitz

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