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Dans la petite PME "Groupe La Dépêche du Midi" dont le fleuron est le quotidien La Dépêche l'année 2014 a été riche en événements annonciateur d'une mutation considérable dans laquelle il apparaît désormais clair que Jean-Nicolas Baylet va pouvoir prendre son envol. Il va passer le cap de la trentaine en étant devenu le directeur général de l'entreprise familiale, une ascension fulgurante depuis qu'en 2010 son père l'a rappelé à ses côtés à la direction générale, y devenant un an après, directeur général adjoint puis directeur de la publication.

Le décès de sa grand-mère qu'il a remplacé au Conseil d'administration a clôturé en berne l'année 2014 mais dans la corbeille du Père noël il y aurait le rachat du Midi Libre pour 90 millions d'euros (mais je n'ai lu nulle part la conclusion claire et nette de cette affaire) rachat intervenant au moment même où les deux régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ne faisaient plus qu'une.

La Dépêche et Midi-Pyrénées ce fut toujours à la fois un mariage politique et un mariage économique. En conséquence la même philosophie va pouvoir se reporter sur la nouvelle région dont on cherche le nom mais qui pourrait s'appeler simplement : La Dépêche.

Je plaisante bien sûr car nous ne vivons pas dans un monde où les choses s'écrivent aussi clairement, mais si, comme l'espère la grand ordonnateur, la ministre Sylvia Pinel devenait la présidente de la dite région alors la boucle serait bouclée (la tête de liste aux Européenes ayant été une PRG sur la dite région augmentée de l'Aquitaine).

 L'affaire du Midi Libre est une affaire qui prouve la grande efficacité du père Baylet et qui peut, en partie, effacer l'affront que lui firent les élus du Tarn et Garonne en élisant à sa place un sénateur low cost.

Tout remonte au début des années 2000 quand le journal Le Monde décida de partir à la conquête du Midi. A l'époque, Jean-Nicolas était encore un rêveur plus porté à penser aux voyages qu'à l'encrage régional.

Le Midi Libre a été racheté par le groupe Le Monde en 2001, avec l'ambition d'acheter ensuite La Dépêche en prenant possession d'actions d'une partie de la famille. La bataille fut rude mais en 2007 le succès de Jean-Michel Baylet fut total si bien que Le Monde changea de stratégie et le Midi Libre est devenu propriété du Groupe Sud Ouest. La Dépêche faisait encore figure de petit poucet puisqu'il était entouré à l'ouest et à l'est par un même groupe de presse qui semblait avoir le vent en poupe, mais l'entente était devenu la règle, ce qui a beaucoup inquiété les journalistes syndiqués.

 Pour le plus grand bonheur de Jean-Nicolas qui était sorti de l'école supérieure de commerce de Lyon (il passera un an chez Natixis à New York puis un an pour Pierre Fabre en Argentine), Le Monde décide de faire la paix avec le groupe La Dépêche pour pouvoir bénéficier de son imprimerie afin d'y sortir les exemplaires du quotidien à destination du Sud-ouest.

 Rappelons que Le Groupe La Dépêche c'est aussi : 2 quotidiens départementaux (Petit Bleu et Nouvelle République des Pyrénées, Midi Olympique, des hebdomadaires départementaux : Le Villefranchois, La Semaine du Lot, La Gazette du Comminges, des journaux gratuits, Toulouse Mag, La Dépêche interactive, une agence de presse, un pôle événementiel (Dépêche events), une imprimerie, une régie publicitaire et 34% de Direct Toulouse et 50 % dans Havas Voyages.

Il y aurait au total 850 salariés mais quand on prend les comptes du quotidien (les seuls publics) c'est seulement 367 salariés avec une baisse régulière depuis 2009 quand ils étaient 435 (une perte de 68 soit presque 20% en quatre ans). Indiquons pour la même période que Midi Libre annonce 435 salariés en 2009 et 401 en 2014, une situation équivalente en 2009 avec ensuite une perte moins forte pour le journal languedocien.

 En clair, l'essentiel de La Dépêche, ce n'est pas La Dépêche !

 Et ça tombe bien car Jean-Nicolas est jeune et il a plein de grandes idées pour adapter le journal aux temps modernes, ceux d'Internet et ceux de la diversification. Parions que tout ce que le jeune fils aura appris en Argentine ou au Mexique (certains disent qu'il y a fait un séjour), ne serait-ce que la fréquentation du monde hispanique, va lui permettre de tisser des liens au-delà des Pyrénées. Je pense au vieux Heraldo de Aragon par exemple, qui va avoir besoin d'un coup de pouce.

Mais venons-en à l'essentiel de toute entreprise : le compte financier. Les bénéfices étaient en 2009 de 1 725 000 euros mais seulement de 423 000 en 2013. Il s'agit là aussi des seuls chiffres du journal et il faut espérer que par railleurs les affaires marchent mieux (la dette a diminué mais reste à 10 430 000 euros.

Ajoutons à présent les sociétés où le Groupe participe en tant qu'actionnaire : SOCIETE OCCITANE DE COMMUNICATION, SUD COMMUNICATION, INSTITUT REGIONAL DEVELOPEMENT INDUSTRIEL MIDI PYRENEES, MUT GPE DEPECHE MIDI REAL SOCIALES (secteur assurance), BANQUE CIC SUD OUEST.

Bref, un gros travail en perspective pour Jean-Nicolas qu'on a beaucoup vu du côté d'Agen comme l'ndique cette photo du Peti Bleu.

Jean-Paul Damaggio

nicolas à agen