le public

 Le Conseil général du Tarn et Garonne vient de changer de président et un peu partout j’en entends qui vont écrire qu’il était à gauche et qu’il passe à droite. Or il n’y a besoin d’aucune loupe pour savoir que :

1 ) Jean-Michel Baylet (JMB) n’a jamais été de gauche. Je n’ai pas ici envie d’en faire la démonstration mais ce n’est pas parce qu’il s’autoproclame de gauche (PRG), qu’il a le soutien de quelques dirigeants socialistes ou communistes, et qu'il est représenté au gouvernement qu’il est de gauche. En presque 30 ans de présidence je défie quiconque de trouver dans sa gestion un acte de gauche même s’il a été soutenu par quatre ou cinq élus authentiquement de gauche, suivant les périodes, qui firent avancer quelques dossiers mais si peu, car de toute façon à la fin JMB y imprimait sa marque d’homme soucieux de ses seuls intérêts. Il a fait construire des collèges ? Mais c'était de l'ordre de l'évidence sauf pour le retard incroyable pour celui de Montauban ! Il a fit... Je ne dirai pas non plus qu’il est de droite ça serait lui faire trop d’honneur !

2 ) Son remplaçant par contre est un homme de gauche, largement connu comme tel dans son secteur. Son élection, il ne la doit pas aux cadeaux distribués aux uns et aux autres mais à ses seules qualités d’humaniste. Je peux être en désaccord avec Christian Astruc mais j’admire son courage sans égal. Léopold Viguié, membre connu de la droite modérée, qui en introduction a fait un discours magnifique en tant que président doyen a su dire l’essentiel : « Depuis ma réélection j’ai subi des choses que je n’aurais jamais dû subir. » Et cette autre mot : « libre d’être libre ». Et on coup de chapeau à Etienne Brunet n'est pas non plus un accident (j'y reviendrai).

 Pourquoi ces deux hommes osent-ils dire qu’ils sont « libres d’être libres » ? Parce qu’il s’agit de deux paysans qui ont un sens ferme de la dignité et un jour il arrive que trop c’est trop.

 Non ce n’est pas la droite qui a battu JMB ! Ce sont les amis même de JMB ! Voilà pourquoi le dimanche soir quand sont tombés les résultats du second tour il pouvait être soulagé et dire : « j’ai gagné ». Avec ses amis d’hier il avait gagné ! Voilà pourquoi à la mairie de Montauban quand le PS et le PRG ont découvert qu’ils avaient casé deux binômes sur trois dans la ville ils pouvaient laisser exploser leur joie ! Sauf que j’ai pu le vérifier dans mon canton, si moi je n’ai appelé à voter pour personne, des anciens radicaux ont préféré appeler à voter à droite tellement le système leur était devenu imbuvable. Combien d'amis JMB a-t-il perdu en route ? Tous les plus sincères !

 Donc le dimanche soir, Madame Barèges pouvait dire elle aussi que le système Bayet était fini et le Petit Journal titrer dans le même sens. Ils avaient raison ! Et j'en profite pour saluer l'édito de ce jour là du Petit Journal car en effet, avoir une pensée pour José Conquet n'est pas inutile. Il était de Réalville comme moi et il était de droite et moi pas : il avait l'honnêteté chevillée au cœur.

 

petit journal

Quoi deux paysans des zones périphériques du Tarn et Garonne ont pu mettre K.O. le système Baylet ? Oui, ils l’ont fait et ça ne sera pas pour laisser s’installer à la place le système Barèges ! Dans six ans les électeurs trancheront à nouveau.

Aux deux paysans et venu s’ajouter un autre indépendant : qui sait qu’en arrivant à la mairie de Castelsarrasin J-P Bésiers a confié tout le réseau d’eau en régie ?

Non, je ne rêve pas avec les uns ou les autres le débat politique sera nécessaire, les désaccords fréquents mais le règne de la terreur est fini ! JMB était tellement convivial qu’il n’avait presque pas conscience de ce règne de la terreur… douce !

 Sur le dossier de la LGV par exemple, il ne peut y avoir que des évolutions positives car nous sortons d’un blocage sans équivalent : nous n’avons jamais rien demandé d’autre que le dialogue, l’échange d’arguments et Christina Astruc s’est distingué sur ce point en faisant appel à un avocat qui a produit une étude qui aurait pu se cantonner à quelques remarques de détail mais qui est allé au cœur du projet, pour le rejeter. Sa binôme Marie-José Mauriège de Saint Nicolas est elle aussi consciente des enjeux. Elle a une action citoyenne admirable et elle a dû de son côté contribuer fortement à l’élection de l’équipe.

 Oui, mais sans les voix de 12 membres de l’Union de la Droite (Le Monde n'en compte que 10 car le journal fait confiance aux calculs de Mr. Baylet ! et d'autres) Christian Astruc n’aurait pas été élu. Sauf que si ces 12 personnes ne respectent pas Christian Astruc il peut facilement les mettre en difficulté en démissionnant ou en changeant d’alliance ! Pour le moment l’intelligence a été du côté de la droite. Si JMB pouvait en prendre un peu de la graine peut-être que tout le monde y gagnerait.

Je sais on va m'accuser d'être passé à droite. Surtout ceux-là même qui disent qu'Hollande fait une politique de droite et qui ensuite appellent à sauver Baylet. J'en conviens, depuis longtemps il faudrait que je me taise... Jean-Paul Damaggio

 

lettre FN

 

Document 1 : Vendredi 27 mars La Dépêche publie ce communiqué du FN

Lettre ouverte du Front National à l'UMP-UDI

Le FN communique: «Lettre ouverte aux candidats UMP-UDI. »

Madame Barèges, Messieurs Lévi et Gallérani, il est temps de dire la vérité aux Montalbanais et de faire tomber les masques. Durant cette campagne électorale vous avez été étrangement silencieux sur les 6 points suivants. Pouvez-vous nous éclairer et au-delà faire savoir aux Montalbanais votre position commune ?

1/ Où en est le projet de construction d'une mosquée sur le terrain entre canton 1 et canton 2, chemin de Matras ?

2/ Où en est le projet de déplacement du marché des producteurs lié à la construction d'un centre de congrès pharaonique et coûteux ?

3/ Si vous étiez élue Madame, ferez-vous valser les directeurs de cabinet, les directeurs généraux, les directeurs de service, comme vous le faites actuellement dans votre mairie de Montauban ?

4/ Si le Conseil d'Etat confirme votre inéligibilité Madame, qui sera votre successeur à la ville de Montauban : Mr Lévi ? Mr Deville ?

5/ Si d'aventure vous étiez élue présidente, auriez-vous le même comportement de «petit caporal» qu'à la mairie de Montauban dans vos prises de décisions ?

6/ Dans les mêmes conditions Madame, ayant déjà chauffeur et voiture à la mairie, vous octroierez-vous la même chose au Département ?»

 Déjà à l’émission télé de France 3 sur les municipales Thierry Viallon avait réservé quelques piques contre Madame Barèges et rien contre Baylet mais là La Dépêche s’est distingué en sachant que l’élection à Montauban allait être décisive. Souvent on entend que le FN et l’UMP sont proche de l’union mais là nous étions plutôt dans une coalition de circonstance entre dirigeants du FN et du PRG ! Et ce n’est pas la première fois que La Dépêche se montre complaisante envers le FN. Il était plus facile à Sylvie Pinel de se faire élire contre un candidat FN que contre un candidat de droite. Avez-vous lu aux dernières départementales un appel signé PS-PRG en faveur de leur cher « front républicain » ? Non, à la place il était plus judicieux de donner la parole au FN, qui n’avait aucune question à poser… aux candidats PS et PRG ?

 

fin de règne

Document 2 : La fin d'un règne lundi 30 mars

Aujourd'hui notre Petit Journal a gagné et nous dédions cette victoire à notre ami José Conquet, trop tôt disparu et qui nous manque toujours autant.

Brillant avocat, José Conquet avait une haute idée de la justice, de la générosité et il mettait son intelligence au service d'un idéal républicain de liberté, d'égalité et de fraternité. C'est avec lui que nous avons fondé notre journal, il y a vingt-cinq ans, pour réagir contre des pratiques d'un autre âge, installées depuis des lustres dans notre département. Clientélisme, passe-droit, intimidation, rumeurs, calomnies. José Conquet en avait lui-même été la cible, mais aussi Dominique Baudis, plus récemment Brigitte Barèges, Yvon Collin et bien d'autres. La première règle du bon fonctionnement de la démocratie c'est l'alternance, le changement. Ce n'était pas le credo de cette famille qui, depuis plus d'un siècle, considérait le Tarn-et-Garonne comme son fief, à la mode du Moyen Age, transmissible par héritage. Jeudi prochain, l'assemblée départementale élira son nouveau président qui, nous l'espérons, sera vraiment nouveau et aura à cœur à faire mieux que son prédécesseur. Alain Paga