Un port où en arrive surtout en avion.

Dans le bus qui fait le lien entre l’aéroport et le port une population plutôt jeune.

Pour 32 places le bus transporte 50 personnes bien tassées. Le policier sympathique a indiqué qu’il n’y aurait pas d’autres bus dans l’après-midi. Alors les arrivants se sont faits une place pour 2 euros car l’autre moyen pour arriver à Puerto Aroya c’est le taxi à 18 euros. Ceci étant le bus a bien gagné son affaire : cent dollars pour 40 minutes de déplacement.

Pour dire que Puerto Aroya n’est pas que le lieu réservé à un tourisme haut de gamme même si quelques pas dans les rues confirment que les prix ne sont pas ceux habituels de l’Equateur.

En effet Puerto Aroya est en Equateur mais loin du pays puisqu’il faut deux heures d’avion pour y arriver.

La mer devant la chambre est d’un bleu époustouflant mais beaucoup moins le ciel avec ses quelques nuages.

Puerto Aroya est une ville de l’île Santa Cruz, élément majeur des Galapagos.

L’Etat d’Equateur n’hésite pas : la taxe qui était à 10 dollars pour entrer est passée à 20 mais le prix d’accès à ce parc national est resté à 100 dollars par personne.

L’île n’est pas que tourisme : elle a sa part agricole avec pas mal de vaches et aussi quelques pêcheurs et un café très réputé aussi il en coûte 5 dollars pour une tasse.

A l’heure où j’écris quelques membres de la population locale se livrent à leur jeu favori sur le malecon, le volley-ball. Ceci étant tout est consacré aux croisières pour visiter les merveilles de la nature sur les multiples et variées îles du secteur.

Notre âge et nos moyens ne nous permettront pas ici comme ailleurs d’accéder aux îles en question car entre elles il faut en général deux heures de bateau à 30 dollars l’aller et autant pour le retour.

Au risque de surprendre je retiens surtout de ce lieu qu’il a toujours signifié pour les humains, la mort des utopies. Ces îles qui surgirent du fond de la mer réussirent cependant à accueillir la vie au cours des millénaires mais pour la présence humaine l’histoire est beaucoup plus complexe.

Jusqu’à leur découverte par hasard autour de 1500 les îles furent inhabitées or elles étaient pourtant un paradis sur terre !

Qui allait le premier tenter de s’y installer définitivement ?

Il fallut attendre les fameux utopistes socialistes dont Marx et la réalité ont démontré leurs inconséquences.

Les Galapagos étant un paradis l’un d’eux s’y installa avec ses fidèles. Mal lui en pris, il fut tué par l’un d’eux et cette première colonisation s’acheva par un recours à la case départ : îles inhabitées.

Nous étions au 19 ème siècle, bien connu des pirates, qui trouvèrent là un refuge idéal pour ne pas répéter paradisiaque. Mais l’utopie criminelle n’a jamais eu un meilleur sort que l’utopie généreuse. La piraterie dura un temps (même s’il en existe toujours comme on le lira dans un autre texte) et fut remplacée par l’utopie économique qui sera suivie d’une utopie politique et de pas mal d’aventures diverses, toutes révélant que ce paradis était tellement beau que les hommes ne pouvait y résister.

Parce que Darwin était passé par là en 1836, parce que ce génie y a compris l’histoire de l’univers, le pays possesseur des îles, l’Equateur décida avec l’arrivée de l’industrie du tourisme, que là pourrait venir y profiter du bien-être des milliers de personnes. Et je le pense depuis longtemps, si le tourisme est devenu la première « industrie » dans le monde, il est aussi comme une utopie qui au Galapagos pourrait bien finir par produire les mêmes échecs que les utopies précédentes.

Aux Galapagos la géographie a pris le pouvoir sur l’histoire. Ce lieu fermé fait que les hommes finissent par se cogner la tête contre les murs existants et le château de sable s’effondre. Pour le tourisme l’Equateur avait dit : pas plus de 150 000 touristes par an. Aujourd’hui à l’aéroport la publicité se flatte que 400 000 visiteurs viennent chaque année. Jusqu’à combien monter ? Comme on y vient seulement en avion, il est facile de contrôler mais comme le tourisme rapporte tant comment le freiner ? Les Tunisiens n’auraient jamais imaginé l’effondrement de leur tourisme colossal ! A suivre. JPD