Futbol Montalban

En mars 2005, donc à titre posthume le fils de Vázquez Montalbán assure la publication du livre auquel son père avait mis la dernière main juste avant de mourir. Ce livre est aussitôt traduit en italien : el calcio. En espagnol, Fútbol una religión en busca de un dios.

Le livre débute par un essai global dont le fils dit qu’il avait été publié en partie en Italie mais aussi au Mexique sur le revue Nexos et en France sur Le Monde diplomatique.

Les articles sont donnés dans l’ordre d leur parution à partir de trois thèmes :

1 ) una religión en busca de un dios

2 ) Barça-Real Madrid : enemigos necesarios

3 ) Fenómenos y fenomenologías

 

Est-ce que Montalban prévoyait de donner les références ensuite ? A mes yeux elles manquent : le journal où le texte est paru et la date. A lire les titres on devine aisément les articles publiés dans Auwi puisqu’ils commencent pas le titre Elogio demesurado (mais traduit en catalan). Ces références auraient permis de saisir le vaste éventail d’intervention dans la presse d’un Manolo dont l’addiction était l’écriture.

 

mai 1996 Montalban

J’ai par exemple retrouvé la version papier du texte sur la fin de Cruyff à Barcelone en page 96 (page qui correspond à l’année 20 mai 1996) et sur le journal il y avait aussi le tableau des actions réalisées par Cruyff et à côté du texte de Montalbán, un texte de Ramón Besa.

 Cette idée d’une religion en quête d’un dieu a évolué depuis vingt ans et à lire le livre on le vérifie aisément après le transfert de Neymar du Barça au PSG. Si le dieu pouvait être un joueur (hier Maradona et aujourd’hui Messi) à présent, ça ne fait aucun doute, c’est l’argent. Tout le travail de Montalbán permet de comprendre qu’au-delà de ce sport il existe une symbolique très très forte. Il peut écrire que la défaite du Real face à Barça annonce l’échec de Aznar face à Zapatero et c’est ce qui se produit. La symbolique permet donc d’en arriver à ce constat : la victoire du foot c’est la victoire de la domination du fric planétaire.

 La conclusion du livre, Epilogue depuis le néolibéralisme est brève, une page mais pleine se sens. On y retrouve le fameux Monte Peregrino (Mont Pèlerin) qui, à partir de 1947, lance la croisade de Hayek et Friedman, l’organisation qui dans le dernier roman de Pepe Carvalho le poursuit à travers le monde, qui ne cherche à atteindre aucune montagne sacré mais seulement à désorienter le quotidien de chacun en nous obligeant à se demander : qui je suis ? d’où je viens ? où je vais ?

C’est vrai, comme le pointe Pepe Carvalho, le retard de l’Espagne fait qu’encore en l’an 2000 el Monte Peregrino peut s’y activer mais globalement il était déjà dépassé par d’autres sectes néo-libérales plus utopiques encore ! J-P Damaggio