Rouge-Midi

Djemad Chérif dans Rouge-Midi en avril 1939

L'action incessante des militants communistes de la région marseillaise

en faveur des travailleurs algériens

 Dans plusieurs articles parus dans "Rouge-Midi" nous avons demandé l'aide indispensable des travailleurs européens pour faire aboutir nos revendications et faire changer quelque chose à cette situation d'indifférence dont font montre les pouvoirs publics à l'égard des travailleurs algériens.

Les travailleurs ont répondu à notre appel par la voix du Parti Communiste qui, d'ailleurs, dans toutes les circonstances, a été le meilleur défenseur des faibles et des opprimés.

Je me permettrai donc, aujourd'hui, de rappeler à mes compatriotes l'activité déployée par notre parti en leur faveur afin qu'ils puissent distinguer parmi les Français lesquels sont nos amis.

En été 1937, au moment des congés payés, nos camarades doivent se souvenir de l'intervention faite par notre camarade François Billoux, député de Marseille, membre du Bureau politique du Parti, et Lozeray. député vice-président de la Commission d'Algérie, pour que les Algériens se rendant en Algérie passer leur congé payé, puissent bénéficier d'une réduction de 20 sur les bateaux et les chemins de fer, ainsi que pour qu'à leur retour, soit par manque de travail, soit par accident quelconque, ils puissent être admis à bénéficier des allocations de chômage. Ceci a été obtenu. Voilà donc un des points importants, un succès de notre Parti.

A la même époque en 1938, ces mêmes camarades sont intervenus auprès de M. Albert Sarrault, ministre de l'Intérieur, pour que satisfaction soit donnée aux Algériens résidant en France pour bénéficier des allocations familiales. Le Ministre Sarraut les a assurés qu'il prendrait leur démarche en considération et que dans un laps de temps très rapproché il accorderait à cette catégorie de travailleurs les. Allocations familiales et que même il étendrait cela à tous les travailleurs d'Algérie.

Bravo, M. Sarrault mais les travailleurs algériens attendent toujours !

Par « L'Humanité », « Rouge-Midi », notre Parti, en nous ouvrant ses colonnes, a contribué à dénoncer notre misère, l'état de nos habitations où l'absence d'hygiène est pour nous une source de maladies, ainsi que les méthodes ignobles exercées sur nos frères à la rue des Chapeliers par des malversations de toutes sortes en ce qui concerne les achats de linge.

Nos camarades Billoux et Bizot, accompagnés d'une délégation d'Algériens, ont visité tous les quartiers algériens afin de faire le maximum pour les défendre.

Dans tous les quartiers où il y a des Algériens, une jour par mois, les élus de notre Parti se mettent à la disposition de nos frères pour recueillir leurs doléances, leurs plaintes, sans compter qu'ils peuvent les consulter partout, dans leurs permanences du samedi et du dimanche.

Au mois d'octobre passe, pour la session du Conseil général notre camarade César Matton, conseiller général, a soumis aux élus du Front Populaire un projet de résolution en faveur des allocations familiales aux Algériens.

Au moment de la discussion, seul, notre camarade Matton le défendit, avec les élus communistes. Les autres fractions n'eurent pas même la plus élémentaire correction de soutenir Matton.

Je ne veux pas tirer les conclusions de cette drôle de façon de se dire amis des Algériens, sinon des frères, de quelques élus du Front Populaire.

Aujourd'hui, une bonne nouvelle nous arrive de Paris. La Commission d'Assurance et de Prévoyance Sociale vient de charger notre camarade Charles Tillon de rapporter une proposition de loi tendant à inviter le Gouvernement à déposer un projet de loi accordant les allocations familiales aux Algériens dont les enfants résident en Algérie.

A cette occasion. nous espérons que nos camarades socialistes dont l'un des membres, le camarade Régis, député d'Alger, a demandé que soit inscrite dans l'ordre du jour prochain du Comité national du Parti S.F.LO. la question des Nord-Africains se retrouveront à côté de nos députés communistes pour que cette modeste revendication soit enfin réalisée. Tous les hommes de cœur, nous le croyons, se joindront à eux.

Nos compatriotes algériens, mis au courant de toute l'activité de notre Parti en leur faveur, doivent dans leurs intérêts venir grossir les rangs de notre Parti dont toute l'activité est au service du peuple, des opprimés, quels qu'ils soient. Donc, frères, unissons-nous avec tous ceux qui travaillent et qui souffrent comme nous. En avant pour l'union de la nation algérienne avec la démocratie française, pour que le peuple d'Algérie ait une vie libre et heureuse. DJEMAD CHERIF.