J’ai donné sans le traduire un long article en espagnol sur la stratégie du PSOE pour piéger Podemos.

1 ) Le PSOE est en situation favorable car il marque des points pendant que Podemos en perd donc l’idée de piéger Podemos est possible.

2 ) Premier point : ne rien négocier pendant trois mois puis au dernier moment faire des propositions qui semblent d’autant plus positives qu’il a été impossible d’en étudier les répercussions. Bref jouer la carte de l’urgence.

3 ) Deuxième point : Utiliser la presse pour accroître la pression en faisant fuiter un document trafiqué !

4 ) Braquer le projecteur sur Podemos pour le rendre responsable de tous les malheurs de l’Espagne.

Donc revenons sur les faits réels : Sánchez est allé au vote pour l’investiture sans avoir rien négocié de sérieux avec personne en pensant que Ciudadanos finirait peut-être par s’abstenir ou que pour le moins Podemos le ferait. En bref, mettre les autres au pied du mur. Sauf qu’après l’échec, Podemos est devenu, dans le cadre d’une entreprise médiatique générale, le seul parti à abattre !

Dans ces conditions Podemos devait-il tout de même accepter les propositions du PSOE ?

Si Podemos avait accepté, l’Espagne aurait un gouvernement et tout irait bien avec quatre ministres de Podemos et chacun pourrait aller à la plage tranquille !

Qui veut faire oublier qu’au même moment le PSOE a soutenu la candidature de Van der Layen à la commission européenne, une femme de droite !

Oui mais le danger de Vox que faut-il en penser ?

Le lecteur le constate la logique de Sánchez ressemble comme deux goutes d’eau à celle de Macon !

En fait Podemos est en situation de force mais aussi de faiblesse. S’allier avec Podemos le priverait définitivement d’un soutien de Ciudadanos ! En conséquence il s’agit de faire croire qu’on veut un gouvernement avec Unidad Podemos sans pour autant le vouloir !

Mais alors que peut faire Podemos ? Une motion de censure avec la droite et l’extrême-droite pour faire tomber Sánchez ? Impossible !

Pour Juan Carlos Monedero la seule solution c’est de faire des contre-propositions offensives en faveur d’un gouvernement de coalition.

La question est stratégique. Chez certains à Unidad Podemos il y a l’idée qu’il ne faut pas aller au gouvernement se salir les mains, et pour d'autres que par ailleurs en obligeant le PSOE à s’allier plus ou moins avec la droite il va être discrédité et Unidad Podemos va récupérer des soutiens. Au de l'histoire ces deux stratégies sont erronées.  Il faut afficher clairement l’envie d’aller au gouvernement y compris avec le PSOE mais dans des conditions claires. Tout le débat ne peut pas porter sur oui ou non on veut aller gouverner mais sur comment gouverner !

Monedero pense que le problème principal de Podemos c’est d’avoir échoué dans l’organisation d’un maillage militant du territoire. Depuis la mort du dictateur Podemos est ce qui est arrivé de mieux à la jeune démocratie espagnole d’où les attaques subies mais ce n’est pas suffisant. Donc le combat actuel de Podemos c’est de chercher à savoir comment il peut faire plier le PSOE ! Par quel moyen pratique ? Par quel type de mobilisation ! Ce problème nous renvoie au cas italien où le M5S a accepté de s’allier avec la Ligue provoquant un résultat prévisible, la montée de Ligue et l’effondrement du M5S. Au Portugal les forces de gauche ont préféré choisir l’appui au gouvernement plutôt que l’entrée dans le dit gouvernement. Toutes les expériences nécessitent la mise en relation entre le problème à résoudre et les alliances à mettre en œuvre. J-P Damaggio