Le double échec du RN et des sondages
Les sondages ne se sont pas trompés partout. Si je prends le cas de l’Ile de France ils ont toujours donné dans l‘ordre d’arrivée les trois listes de gauche, EELV, PS et LFI.
Mais si on prend le cas de l’Occitanie l’erreur est colossale et générale.
Les trois sondages de mai et juin donnent 30, 32 et même 33% au RN contre 26, 29 et au mieux 30% à Carole Delga.
Notons cependant que celui du 7 juin donne bien 2% à LO, 4% au NPA-LFI et 8 % à EELV et 11% aussi bien à LR qu’à LREM.
Résultats officiels : Delga 39,5% et le RN 22,6% !
Pour les autres nous sommes proche des sondages : LO, 1,7% ; NPA-LFI 5 %, EELV 8,8%.
Seul LREM avec 8,7% fait un peu moins que le 11% annoncé au bénéfice de LR qui arrive à 12%.
Donc comment expliquer le bond en avant de Delga de 30 à presque 40% vu que les autres forces de gauche sont dans le même créneau ? Par un transfert de voix du RN qui justement perd 10 % ?
Bien sûr que non ! Alors ?
J’attends des explications du côté des sondeurs qui pourraient même rembourser les énormes frais de leurs études totalement erronées ! Pour moi la question est liée à la forte abstention.
Dès les résultats de ma petite commune rurale j’ai noté cette abstention étrange avec en conséquence cette question : quel électorat s’est abstenu ? Elle était nettement plus forte que celle des Européennes connues comme étant les élections les plus oubliées par l’électorat, alors qu’une adjointe au maire était candidate suppléante aux départementales.
Ce n’est pas la première fois que régionales et départementales se tiennent ensemble mais en 1998 nous étions dans un cadre plus simple avec des cantons repérables et des listes tout aussi repérables aux Régionales car elles étaient exclusivement départementales.
Depuis nous sommes dans une abstention chronique qui aurait pû se calmer car la pandémie a rappelé l’importance du politique.
Il existe des raisons circonstancielles comme le report de l’élection fin juin, une date extrême jamais utilisée auparavant. Déjà début juin le mal aurait été moindre. Comment s‘étonner de l’abstention des jeunes en cette période où la fin de l’année scolaire en occupe beaucoup ?
Mais revenons aux sondages erronés.
Tout sondage réalisé est produit d’ajustements et il me semble évident que l’erreur est venue d’une sous-estimation énorme de l’abstention de l’électorat RN. Cet électorat est le plus solide car il peut se repérer facilement avec des candidats RN partout mais là c’est l’échec et un échec cuisant car il intervient après des années de succès, succès souvent liés à la forte abstention dans les autres courants de l’opinion.
Une des leçons de FN-RN c’est que sans son existence l’abstention serait encore plus forte. Et là c’est en partie ce qui s’est produit. Le RN est-il arrivé au bout de son histoire ? La question est posée.
J-P Damaggio