En trois textes sur son blog, Corinne Morel-Darleux rend compte d'une mission estivale en Tunisie. En pensant à l'ami Tahar. J-P Damaggio

 

Voici le début du premier texte :

Très envie de vous donner des nouvelles de cette mission en Tunisie, mais je désespère de trouver un moment calme pour en faire le récit, et pourtant... Je sais qu'il faut le faire maintenant, tant que je suis encore imprégnée de cette chaleur humide, de ces odeurs qui me rappellent avec tendresse les étés gamine en Kabylie, de cette effervescence de colloques, de visites et de réflexions sur le Maghreb et le Moyen-Orient. D'expérience, je sais que sitôt rentrée en France j'enchainerai, et je ne trouverai pas le temps. Je le vois bien, je trimballe de train en chambre d'hotel mes notes de ce colloque à Delphes en Grèce, sans avoir réussi à en faire un billet, depuis un mois maintenant...

 

Voici le début du deuxième texte :

Avant le meeting populaire de cet après-midi à Tunis, je vole un peu de temps aux rues écrasées de chaleur pour reprendre le fil de mon récit. Nous revenons du carré des martyrs du cimetière Djellaz à Tunis. Un endroit magnifique, peuplé d'acacias et d'eucalyptus. Le rendez-vous était matinal pour échapper au pic de température annoncé aujourd'hui. Très touchée d'être accueillie sur place par Mbarka Brahmi, la veuve de Mohamed Brahmi assassiné il y a deux ans jour pour jour. C'est Mbarka qui me prend le bras et m'entraine sur la tombe où nous restons côte à côte, enlacées. Elle qui me guide vers la tombe voisine de Chokri Belaid, assassiné quatre mois avant son mari, en février 2013.

 

Voici le début du troisième texte :

J'étais invitée ce samedi à prendre la parole au nom du PG au meeting populaire organisé pour la commémoration de Mohamed Brahmi au Palais des Congrès de Tunis. Un discours accueilli chaleureusement, ci-après in extenso et en téléchargement, qui je l'espère contribuera utilement... Même si j'ai bien conscience qu'il en faudra plus pour sortir de l'ornière dans laquelle se trouve hélas le monde arabe aujourd'hui. Je dois avouer que ces journées de rencontres et d'échanges passées à Tunis avec des représentants du Maghreb et du Moyen Orient me laissent franchement perplexe et inquiète sur la suite des événements. Notre soutien lui reste intact naturellement, et il sera toujours du côté de ceux qui luttent, comme je le disais hier :

contre l'obscurantisme, contre tous les sectarismes, contre l'oligarchie financière, pour reprendre la main sur nos destins et redonner fierté à nos peuples opprimés et baillonnés. De part et d’autre de la Méditerranée, réaffirmons qu’il n’y a que des peuples souverains, qu’ils soient tunisiens, palestiniens, grecs ou français, qui, par-delà leurs spécificités, ont des aspirations universelles aux droits humains et au bonheur

Mais ce 25 juillet, et ce n'est pas un hasard évidemment si c'est la date à laquelle Mohamed Brahmi a été assassiné, c'était aussi la fête de la République en Tunisie.