Encore en novembre Braouezec qui après avoir quitté le PCF en 2010, est passé à la FASE et donc à Ensemble ! a signé un appel avec tout ce que la "gauche" compte de notoriétés qui dit en conclusion :

"Nous allons proposer, de construire l’union, de forcer à l’union. En signant en masse cette tribune pétition, qui dit simplement : «Pour 2017, il faut une seule candidature de l’alternative à gauche, nous avons trop de points d’accord !» Si nous sommes des centaines de milliers à la réclamer, elle s’imposera.

Déjà localement, des convergences, des regroupements se montent pour stopper la désunion. Le 12 novembre, nous nous retrouverons, venus de tout le pays, ensemble, dans cette convention qui fabriquera et portera une plateforme de mesures d’urgence pour la prochaine mandature. Nous ne gagnerons 2017 qu’en conjuguant nos couleurs en une seule campagne collective."[1] (publié sur Libération).

Cet appel était pour moi hypocrite à partir du moment où il ne dit pas derrière quel nom s'unir. A moins que "naturellement" il faille s'unir derrière le PS ! Donc pour sauver une situation grave créée par le PS, il fallait le désigner comme sauveur ? Oui, mais le contenu … Quand le PS a-t-il respecté ses engagements ?

 Bref, Braouezec a tiré les leçons de ce projet : en avant avec Macron. Cette campagne ne sert pas à dénoncer le FN mais sert uniquement à user du FN comme repoussoir, sauf que cet angle d'attaque a depuis longtemps conforté… le FN ! Et voilà qu'un candidat ayant bénéficié d'un tremplin créé par le PS devient le moindre mal… dès le premier tour ! Mitterrand a jugé que la présence du FN pouvait rassembler la gauche derrière son parti, mais voilà que par deux fois, c'est le PS qui est éliminé du second tour ! Faut-il en tirer les leçons ?

 Si les Français décident d'un second tour Fillon-Le Pen, comme des millions d'électeurs j'en serais désolé mais telle sera LEUR décision. Et il sera temps de mieux réfléchir à la contre-offensive. Les explications de vote de Braouezec ne me paraissent pas de nature à y aider. Lisez plutôt les premiers mots de sa tribune :

"TRIBUNE. Chacun connaît mes convictions et mes engagements : de ma volonté de transformer le PCF à l’infaillible défense des sans-papiers et de tous les « sans », à ma présence à côté des salariés dans leurs luttes, en passant par ma détermination à requalifier une ville et un territoire sans exclure quiconque. J’ai, en outre, travaillé constamment à construire une alternative de gauche fondée sur le potentiel du « non » au référendum de 2005 et sur l’expérience des forums sociaux de Porto Alegre.

Tout ceci aurait dû aboutir à une candidature unique de la gauche alternative en 2007. Il en a été décidé autrement. Nous payons aujourd’hui le résultat de cet échec. Et l’impossibilité d’une alliance entre Hamon et Mélenchon, malgré des appels à l’unité (comme « l’appel des 100 », dont j’étais un des initiateurs) est aussi l’héritage de cette période. Nouvel échec !

Président de Plaine Commune, territoire populaire, je mesure les conséquences dramatiques d’un second tour droite extrême - extrême droite pour la majorité de la population de ce territoire. J’ai conscience des effets désastreux d’un tel dénouement pour l’ensemble du pays.

Différences voire divergences

Je fais miens les propos de Christiane Taubira : « Est-ce que nous prenons la responsabilité de voir la situation sociale, économique et budgétaire se détériorer et des personnes en prendre plein la figure pendant cinq ans ? » Comme elle, je ne veux pas avoir à répondre à ceux qui nous diront : « Ainsi vous nous avez livrés à ces gens-là. »

Le 24 avril, il sera trop tard pour avoir des regrets et dire qu’on ne pensait pas… Comme Daniel Cohn-Bendit, je pense qu’Emmanuel Macron est le seul candidat à permettre de ne pas se retrouver devant cette situation et d’éviter que les gens subissent une politique rétrograde. Face à cela, sa candidature offre un « possible » qui nécessite exigences et vigilance.

Mon vote n’est pas un ralliement à En marche ! Les manques, les différences, voire les divergences (en matière d’écologie, de service public, de place des quartiers populaires ou de retraites) sont nombreux et mériteront éclaircissements,..."

 La suite nous la saurons aux législatives si Braouezec est candidat Macron. JPD

[1] Les premiers signataires : Etienne Balibar (philosophe), Jacques Bidet (philosophe), Alima Boumediene-Thiery (avocate), Patrick Braouezec (député honoraire), Pierre Cours-Salies (sociologue), Laurent Eyraud-Chaume (comédien), Robert Guédiguian (cinéaste), Alain Hayot (sociologue), Anne Jollet (historienne), Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic), Rémi Lefebvre (politiste), Ben Lefetey (militant altermondialiste), Noël Mamère (député écologiste), Philippe Marlière (politiste), Gérard Mordillat (écrivain), Jean-Pierre Petit (musicien), Dominique Noguères (avocate), Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic), Jean-François Pellissier (co-porte-parole d’Ensemble), Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche), Marie-Pierre Vieu (conseil national du PCF), Sophie Wahnich (historienne), Pierre Zarka (ancien directeur du journal L'Humanité), Malika Zediri (association chômeurs APEIS).