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En 2000-2001 la fuite puis l’arrestation du bras droit de Fujimori, Vladimir Montesinos, puis la fuite et la démission du président lui-même moins d’un an après une brillante réélection vont être suivies d’une série de règlement de comptes qui pour une fois  nous font pénétrer au cœur d’un système qui est globalement le système politique. Un phénomène équivalent avait mis K.O. le système politique italien un peu moins de dix ans avant. Voici le résumé de révélations :

1 ) Le rôle de la CIA : si le peuple chilien avait gagné par le NON à Pinochet, sans la décision de la CIA imposant la démission du président, cette victoire électorale serait restée un épiphénomène. Au tournant du millénaire les USA ont eu en main les moyens de remplacer l’assassinat physique par l’assassinat médiatique. Son rôle au Pérou permet de vérifier son art de tirer les ficelles.

2 ) Le rôle des truands : dans cet univers où l’utilisation d’armes étaient d’usage fréquent le rôle des trafiquants fut crucial. D’un côté, FARC en Colombie, guerre Equateur-Pérou en 1994, lutte contre le sentier lumineux et de l’autre effondrement de l’URSS apportant sur le marché des armes à prix cassés. Si ici il s’agit de trafiquants d’armes ailleurs il existe une grande variété de truands à qui on peut donner le nom générique de Mafia.

3 ) Le rôle d’Israël : On se demande ce qu’Israël peut bien faire au Pérou et pourtant par ses services secrets et ses liens économiques dans les médias ce petit pays est présent partout en Amérique latine. En l’an 2000 deux pays ont déjà leur ambassade à Jérusalem : le Costa Rica et le Salvador. Quand on aujourd’hui on découvre que le Guatemala fait pareil il n’y a pas de surprise à avoir. D’où la décision des services secrets iraniens de s’implanter aussi dans cette zone.

4 ) La mort du politique : le Pérou avec l’APRA et Accion popular était un pays où, face à l’armée, il existait des partis politiques authentiques (comme au Chili). Avec l’arrivée au pouvoir de Fujimori on va entrer dans une succession de présidents qui chacun vont créer leur propre parti le temps de leur arrivée au pouvoir. Cette destruction des vieilles structures politiques va réduire à néant le rôle des citoyens car les nouvelles, de par leur fragilité, vont devenir des marionnettes.

5 ) Pour que rien ne change : Et la leçon finale que la libération de Fujimori confirme de manière éclatante c’est que rien ne change ! On a pu ensuite assister à la présidente de Toledo, au retour d’Alan Garcia, à la présidente d’Humala et à présent à cette de PPK, autant d’élus contre le clan Fujimori qui lui persiste à travers les épreuves, le Pérou reste un pays économiquement entre les mains des multinationales. Des élections oui, mais qui sont des mascarades démocratiques.

6 ) Donc le populisme. Je reviendrai spécialement sur ce point. JP Damaggio