chagos

La Cour internationale de justice a estimé lundi 25 février que l’archipel des Chagos est occupé de façon illicite par le Royaume-Uni et doit être restitué à l’île Maurice.

Ainsi ces miettes de l’Océan Indien se sont retrouvées dans l’actualité à Maurice juste au moment où nous y arrivions.

Dans l’actualité car le gouvernement de Theresa May a déclaré par la suite qu’elle ne respecterait pas la décision. Sir Alan Duncan, secrétaire d’État pour l’Europe et l’Amérique, a déclaré, devant le Parlement britannique, qu’il n’y a «pas de doutes sur la souveraineté (NdlR : de la Grande-Bretagne) sur l’archipel des Chagos» suscitant la colère des responsables de Maurice qui en guise de contrattaque ont décidé avec l’aide du Sénégal de déposer une résolution à l’Assemblée générale de l’ONU afin d’obtenir un soutien international.

Elle sera débattue avec vote le 22 mai.

Que fera le gouvernement français ?

Pour comprendre l’enjeu de cette question il faut se souvenir de trois choses : en 1968 l’indépendance a été accordée à l’île Maurice à condition que les Chagos restent sous contrôle britannique (un accord entre les deux partis travaillistes de Grande-Bretagne et de Maurice), sauf qu’ensuite les 2500 habitants du petit archipel ont été manu militari embarqués dans des bateaux, direction l’île Maurice, car le but final était de louer l’archipel aux USA pour y faire une base militaire sur l’île majeure, Diego Garcia.

Les 2500 Chalossiens n’ont pas été accueillis bras ouverts sur l’île et ils ont décidé d’entreprendre une lutte exemplaire (qui fait penser à celle des Saharouis) pour exiger le droit au retour, le droit à leur pays. Ils ont fini par obtenir le soutien du gouvernement de Maurice mais un soutien pas très clair car si l’archipel est rendu à Maurice, pour certains c’est afin d’obtenir l’argent de la location de la base militaire qui serait maintenue. Il faut se souvenir que Maurice n’a pas d’armée et cette base militaire sert de parapluie.

Pravind Jugnauth le chef du gouvernement de Maurice n’a pas digéré la position adoptée par l’Angleterre. Lors d’un «statement» à l’Assemblée nationale vendredi 3 mai, il a affirmé qu’il considère que l’action du pays de la Reine de refuser de reconnaître la souveraineté de Maurice sur les Chagos était «un affront à l’État de droit, au continent africain et aux Nations unies». Il a donc annoncé qu’il allait aller de l’avant avec la résolution, préparée avec les pays qui soutiennent Maurice.

Le leader du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbin, a réagi à la déclaration controversée de Sir Alan Duncan au parlement britannique mardi dernier. Dans une lettre adressée à Theresa May, le leader du Labour party déplore le fait que le gouvernement britannique ne respecte pas l’avis consultatif de la Cour Internationale de justice sur les Chagos.

J-P Damaggio

P.S. La Une du journal Week-end à Maurice le 5 mai.

Une position de Le Clezio sur le sujet.

Mon article sur le sujet avec reprise de textes du Monde diplomatique

Je reviendrai sur le sujet à partir d'un livre racontant toute l'histoire de ce lieu incroyable.

Je n'ai noté qu'un quotidien rendant compte en France de la décision de la CIJ : La Croix.