Valls Colau

Les électeurs espagnols n’ont pas la chance de ceux de France, ils ne peuvent pas au cours d’un second tour choisir les alliances de gouvernement des villes (ou du pays). De telles alliances inévitables se font donc dans les couloirs.

Après les dernières élections pour la municipalité de Barcelone ERC, les indépendantistes modérés et de gauche, sont arrivés en tête de 4000 voix sur la sortante ADA Colau soit 10 élus chacun au conseil municipal qui en compte 41. ERC n’avait pas d’allié potentiel pour accéder au poste de maire donc les négociations se sont vite engagées avec Ada Colau mais elles ont vite cessé car de son côté Ada Colau pouvait gouverner, comme au mandat précédent, avec le PS, mais deux élus éventuels de la liste Valls étaient nécessaires.

Valls a pris l’initiative, de soutenir, sans conditions, Ada Colau, si elle se présentait ce qui a valu à Valls de perdre l’appui de Ciudadanos qui considère Ada Colau comme une indépendantiste.

Les sympathisants d‘Ada Colau ont donc eu à se prononcer par vote : soit s’unir avec ERC en position de seconde place derrière Ernest Maragall, soit s’unir avec le PS, deux élus de la liste Valls et garder la première place.

La majorité a choisi cette seconde hypothèse à partir du moment où Ada Colau pourrait appliquer son propre programme. Et elle a donc été élue ! De telles situations sont inhérentes à la proportionnelle.

Quand, à Barcelone, il a fallu suivant le protocole, rencontrer le président de la Generalitat Quim Torra, Manuel Valls a refusé de le saluer rappelant son opposition radicale aux indépendantistes… d’où son soutien à Ada Colau ! Ainsi va la vie.  

A Madrid Manuela Carmena s’est trouvé dans une situation inverse. Elle était en tête mais une alliance, PP, Ciudadanos et Vox a finalement eu lieu (au bénéfice surtout de Vox qui a fait payer cher cette alliance) et elle a été battue. Elle quitte en conséquence la vie politique et son mouvement est en train de s’effondrer. J-P Damaggio