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Idéal une action l’été, ça fait les colonnes de la presse y compris pour l’anniversaire.

J’ai apprécié un temps José Bové malgré une mise en garde d’un proche qui insistait pour me dire que le démontage du Mac Do c’était une alliance des producteurs de lait… et des puissants fabricants de Roquefort. Oui José Bové était du côté des producteurs de lait, médiatiquement habillé pour donner un beau visage à leur lutte.

José Bové prétend que c’est la juge qui a finalement popularisé l’action par la répression mise en œuvre sauf que des emprisonnés, suite au démontage, un seul est dans les médias aujourd’hui. Même Léon Maillé l’autre paysan un peu médiatisé est oublié. Ils avaient été six à refuser de payer la caution : Richard Maillé, Gilbert Fenestraz, Jean-Paul Delaitte, Frédéric Libot, Alain Soulié et José Bové. Finalement un syndicat américain va la lui payer.

 Rappelons les faits : Le Roquefort devait subir une surtaxation de 300% car les bœufs aux hormones des USA ont été refusés par la France. Après la lutte la surtaxation a été réduite à 100% contre un accord sur les quotas de bœufs américains. Total, les USA ont gagné ! Aujourd’hui où en est cette taxe ?

Du côté de Mac Do, ils sont quatre dans l'Aveyron : Rodez, Onet-le-Château, Millau et Villefranche-de-Rouergue.

 Quand sur La Dépêche on demande aujourd’hui à Bové, « Vous savez été candidat à l’élection présidentielle et surtout député européen… » il répond : « J’ai été élu e 2009 et réélu en 2014.» évitant ainsi toute réponse à sa candidature de 2007. En fait il faut remonter plus loin pour comprendre.

En l’an 2000, interrogé par Paul Ariès qui lui demande s’il sera un jour candidat à une élection[1] : « José Bové candidat aux présidentielles des exclus et des sans-vois, est-ce plausible ? » il répond :

« Aujourd’hui, on s’inscrit dans une illusion politique. Le seul rôle de la politique devient la gestion de l’appareil d’Etat. L’Etat comme l’économie impose sa «logique lourde». Les politiques en tant que tels se sont inscrits dans une logique de gestionnaires. Ils ne transforment pas la société, dans la mesure où ils ne remettent pas en cause les fondements : l’Etat et l’économie. A partir de là, la course au pouvoir ne change pas radicalement grand-chose. L’alternance ne modifie pas la logique globale de l’Etat et de l’économie. L’exemple du nucléaire résume bien cette unanimité.

Aussi, je pense qu’aujourd’hui, s’inscrire dans le débat politique, pour être acteur de transformations ou de prises de conscience est un mauvais calcul. Les choses changent quand la contrainte vient d’un phénomène et d’un mouvement extérieur. Le changement vient d’une nécessité à faire changer les choses, pas de la volonté politique. Pour peser, il faut se situer à côté du système politicien. C’est peut-être une vision pessimiste… Personnellement je me définis comme « un pessimiste actif ». »

 En l’an 2000 Bové est un syndicaliste puis en 2006 il entre en politique en s’habillant d’un rôle de porte-parole des exclus comme Paul Ariès y avait songé, mais je dis habillage puisqu’aussitôt après, il se range chez les Verts.  Un bel exemple où on apprend comment les médias fabriquent une vedette pour mieux effacer les luttes car au bout d’un moment la vedette dépend… des médias. Le sous-commandant Marcos vivra cette expérience jusqu’au jour où il décida de rester dans son cher Chiapas. J’ai concrètement étudié ce système à partir de la journaliste du Monde Sylvia Zappi : Le cas Sylvia Zappi 2005-2006

A cette époque là, l’ancienne de la LCR avait en charge dans le quotidien, la mouvance de la gauche dite radicale. Elle œuvra tant et si bien que Bové fut présent à la présidentielle pour un score minable car si Le Monde fabrique les «élites», il ne fabrique pas l’opinion. J-P Damaggio

[1] P. 35 José Bové, La révolte d’un paysans, Editions Golias