Demain élection au Mexique
Le système politique au Mexique s’inspire pour une bonne part du système des USA avec un pays fédéral, et des élections capitales à mi-mandat. Demain le pays renouvelle les 500 sièges de sa Chambre des députés ainsi que plus de 20 000 postes locaux dont la moitié des gouverneurs des 32 États du pays, dans ce qui sera la plus grande élection jamais tenue au Mexique. Un scrutin qui a été marqué par une violence sans précédent.
A ce jour j’ai beaucoup plus évoqué le cas du Pérou car suivre la vie politique au Mexique c’est devenu quasi impossible. Après la victoire considérable d’AMLO, aux dernières présidentielles, tout semblait plus clair : d’un côté une gauche de transformation avec AMLO et de l’autre l’opposition aussi diverse que variée. Mais la politique d’AMLO reste confuse et la déception a souvent fait place à l’enthousiasme dans bien des secteurs de la gauche. Pour comprendre l’enjeu des élections de demain il faut se souvenir qu’il avait eu 53 % des suffrages lors des élections du 1er juillet 2018 avec son parti, le Mouvement de régénération nationale (Morena), et qu’il avait obtenu la majorité absolue dans les deux Chambres du Congrès fédéral, ainsi que dans dix-neuf des vingt-sept congrès locaux renouvelés. Une telle configuration lui ouvrait la possibilité de réviser la Constitution car aucun président avant lui n’avait eue autant de pouvoir. Va-t-il conserver le pouvoir dans les chambres et chez les gouverneurs ?
Les forces opposées à AMLO se sont déchaînées sans que le gouvernement ne puisse réagir ! Le journal The Economist s’est distingué dans sa dénonciation de ce président. Une chose est sûre, la promesse de réduire la violence n’a pas pu être tenue et pas forcément pour cause d’une politique inadaptée.
Entre juin 2020 et février dernier pas moins de 80 événements de violence politico-électorale (à savoir attaques, enlèvements et assassinats d’acteurs politiques, de fonctionnaires, de leurs collaborateurs ou de leurs familles) se sont produits. Pendant la phase de pré-campagne, ce sont ainsi 55 acteurs politiques qui ont été assassinés, dont 14 candidats. La majorité des victimes sont des hommes et femmes politiques de niveau local.
Les Etats les plus chauds : Michoacan et le Veracruz.
Au total 88 politiques assassinés dont 34 candidats !
Chihuahua, Chiapas, Guanajuato, Guerrero, Jalisco, Oaxaca, Quintana Roo, Querétaro, Sonora, Tamaulipas et Veracruz ont eu leurs morts dans cette guerre incroyable. Je peux en donner la liste nominative et les morts appartiennent un peu à tous les partis. A Oaxaca ce sont des membres du PAN (la droite) qui tombent sous les balles (José Luis Méndez Lara avait été assassiné il y a six ans et à présent c’est dle cas de son épouse qui était députée). A Tamaulipas c’est un candidat écologiste qui est tombée sous les balles. A Veracruz une candidate du parti au pouvoir (MORENA) et un candidat du PRI etc.
On verra lundi si l’analyse des résultats apporte un éclairage à une situation confuse. J-P Damaggio
