Paxton

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Paxton est un historien très connu pour son travail sur le fascisme en France. Il était donc judicieux de lui poser la question sur ce qu’il pense de Trump d'autant qu'il est Nord-américain. L’article est ancien (mars 2016) et Trump n’était pas encore investi par le Parti républicain. Il a pensé que face à H. Clinton il allait changer de personnage pour convaincre les modérés. Il n’en a rien été. Par contre il semble prêt à ce changement sous les habits de président. Un des points intéressant c’est l’attention porté à ce point :

« Et tout à coup, il est devenu puissant : sa parole a trouvé un écho imprévu chez certaines catégories sociales, notamment chez les laissés-pour-compte du redressement économique, généralement des hommes blancs, chômeurs ou sous-employés, avec peu d'éducation, pleins d'un ressentiment contre d'autres Américains qui progressent et s'enrichissent, ou qui bénéficient d'aides, et notamment les Noirs. Personne avant Trump n'avait tant réussi à mobiliser cette colère populaire contre la gauche.»

Cette analyse rejoint celle de Michael Moore : "Je pense que Trump va porter une attention particulière aux États "bleus" de la région des Grands Lacs, c'est-à-dire le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin."

Par rapport à Obama en 2012, Trump a gagné le Michigan de 0,3%, l'Ohio de 8,7%, la Pennsylvanie de 1,3%, et le Wisconsin de 2,6%. Il a eu en plus la Floride de 1,4% et l'Iowa de 9,8%. Pour les autres Etats rien n'a changé !

 J'ajoute qu'une fois de plus, le discours cherchant à trouver dans l’élection la preuve du fossé entre les élites et le peuple ne sert qu’à masquer l’analyse des dites élites et du dit peuple (les deux contiennent leurs propres contradictions). Trump fait partie de l’élite et peut-être a-t-il, plus qu’une autre part de l’élite, porté attention à ce que disait Paxton et Moore sur le lieu où il pouvait gagner. Quant à l'autre élite, intoxiquée par sa propre propagande, elle n’a rien vu venir des Etats en balance. Pour le peuple, il est tout autant présent en Californie où le vote démocrate atteint 68% (mais avec une abstention plus massive qu’en 2008 quand les Hispaniques en situation de pouvoir voter, on cru qu’Obama allait régulariser en masse). J-P Damaggio