clouscard

Clouscard_1973

Dans la Nouvelle critique de 1973  C.R. propose une présentation critique du livre de Clouscard Néo-fascisme et idéologie du désir.

(ci-contre la photo de couverture d'une réédition)

Plutôt que de donner un document de plus pourquoi ne pas écrire ma propre présentation anachronique ? Elle déplacerait le propos. L’essentiel de livre n’est pas le freudo-marxisme mais « la forteresse toujours inexpugnable du Prince de ce monde : à la mode, à cette mode devenue idéologie, d’idéologique devenue « contestation ».», pour reprendre le dos de couverture. Le freudo-marxisme n’est là qu’en tant qu’exemple, comme le structuralisme aurait pu en être un autre ou la pensée de Jean-Paul Sartre.

Ceci étant il faut ce document pour bien comprendre. Il dit ceci:

« Ainsi, le Mai 68 des tartufes a vite été débordé par la légitime montée des revendications des travailleurs, qui savent — depuis longtemps qu'ils luttent — profiter des moindres erreurs du pouvoir, cet ennemi qui croit être éternel et inébranlable, mais qui laisse voir bien souvent, par les scandales, les abus et les outrances, qu'il est proche de sa fin. »

Un pouvoir qui est proche de sa fin ? C’est un lieu commun de 1973 comme de 1920 ou de 1848. Nous savons aujourd’hui que Clouscard a eu doublement raison même s’il a pu doublement se tromper. Doublement raison puisque le pouvoir se trouve toujours plus fort, et que l’intelligence des travailleurs n’a pas été à la hauteur. Double erreur que d’avoir cru que son effort serait entendu par les révolutionnaires, et que la raison critique l’emportait sur l’irraison religieuse.

Ce petit livre de Clouscard (136 pages) fut comme un manifeste et un contre manifeste. Il se termine ainsi : « Aux poètes à nous dire ce corps heureux. A nous de le permettre en dénonçant ce néo-fascisme.»

Quel corps heureux ? Celui que mettra K.O. Narcisse autant que Vulcain ! Celui qui nous évitera l’affrontement piégé de ces deux frères ennemis ! Mais bon…. J-P Damaggio

Pour en savoir plus je peux renvoyer à cet article paru en 2008 dans La Pensée : ICI.