Le rugby de Bodis à Garcia
A me lire le lecteur aura compris que ce qui m’intéresse dans le rugby c’est qu’il est le symptôme parfait de phénomène sociaux GLOBAUX, politiques, sociaux, religieux, culturels.
Et ce face à face Jean-Pierre Bodis – Henri Garcia est révélateur.
Les Contes du rugby, un livre médiocre d’Henri Garcia ?
Je l’ai déjà écrit, un livre magnifique !
Je ne connaissais pas Henri Garcia que j’ai découvert en bonne place dans une bibliothèque rugbystique d’un ami communiste. Dans ses contes, il ne célèbre pas la violence, il témoigne. Et j’ai compris qu’il existe des historiens du côté des gentelmen et des historiens du côté des voyous, sauf que les voyous peuvent aussi être gentlemen.
D’un côté voici l’explication de la médiocrité du livre et de l’autre ma reprise ancienne et amoureuse d’un conte. A chacun de juger.
J-P Damaggio
Page 202 de l’Histoire mondiale
« Ces années 1920 constituent l'époque où apparaît la gangrène des joueurs brutaux de moralité malsaine. Henri Garcia, en 1961, a publié un livre médiocre, les Contes du rugby dont se dégage le thème ressassé de l'amitié virile, de la spécificité du rugbyman, bref un ensemble de balivernes auto-satisfaites que les gens de l'ovale aiment à écrire sur eux-mêmes.
Deux de ces contes concernent les joueurs de l'époque étudiée, Jean Sébédio et Antoine Wisser. Le premier, né à Saint-Jean-de-Luz, a quitté assez vite la baie de Socoa. Joueur d'exception, il est le premier prolétaire appelé en équipe de France. Il a joué dans des clubs divers, Tarbes, Carcassonne, Béziers et Lézignan. Sans la guerre, il eût connu une exceptionnelle carrière sportive. Le second fait aussi parti du Gotha, comme finaliste du championnat en 1929.
Sébédio est dépeint comme un alcoolique pittoresque, terrorisant partenaires, adversaires et arbitres, par ses cris et ses menaces. Ses excès même le rendent populaire. Mais le rugby dans tout cela ? Wisser, H. Garcia nous le présente, ses années de joueur achevées, en train de jouir de la retraite sportive en exerçant le métier de cafetier-maquereau, puis de restaurateur rangé, après intervention de la loi. Curieux héros en vérité que ces deux personnages qui se régalent d'histoires de «fourchettes» dans les yeux, d'oreilles arrachées puis avalées pour faire disparaître la pièce à conviction, de coups de poing sous la mêlée, de placages «bile en tête» »
