Il m'est arrivé d'étudier le cas de Thierry Viallon, puis celui de Romain Lopez. Avec Jean-Pierre Leonardelli on découvre un produit du même "moule".

Il est né autour de 1987 en Ariège. Marqué par l'accès de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, à 18 ans le jeune homme entre au FN : dès l'an 2004 il participe à l'action au moment des Régionales. Et depuis le FN lui colle à la peau. Ce parti a un grand amour pour les jeunes qui, sans activité professionnelle réelle, ne dépendent que du parti. Il suffit pour comprendre de suivre sa carrière politique après un BTS commerce.

Est-ce son lien avec l'Ariège si chère à Louis Aliot qui a attiré l'attention du grand dirigeant implanté à Perpignan ? Dès les municipales de Perpignan en 2008 Leonardelli est candidat sur la liste Aliot et, à partir de là, sa vie sera marquée par la vie électorale. Nouvelle candidature aux régionales de 2010, puis aux cantonales de 2011 quand il est envoyé en mission dans un canton détenu par le communiste Jean Vila. J'ai quelques liens avec cette histoire communiste des P.O. et le choc de mars 2011 est comme un choc de civilisation. Un historique PCF face à la jeune nouveauté FN. D'un côté un militant issu lui aussi de l'Ariège, né en 1941, ouvrier ajusteur de son état, et devenu maire de Cabestany puis Conseiller général en 1992. De l'autre cette jeunesse conquérante qui veut tout gagner. Vila a même été député en 1997 grâce à une triangulaire et il est encore aujourd'hui Conseiller général. Plus de 25 ans à ce poste.

Donc en 2011 la gauche avait le vent en poupe et dès le premier tour Jean Vila obtient 47% des voix (les socialistes ne présentent personne). En face Leonardelli obtient 26% et au second tour 35% (il passe de 1286 voix à 1922).

Cette élection n'était qu'un galop d'essai avant la grande bataille de la présidentielle de 2012 qui va enthousiasmer le jeune homme adepte du référendum d'initiative populaire. C'est la promotion Marine : un discours de droite doublé de propositions de gauche. Il est donc présent aux législatives qui suivent mais en tant que suppléant. Vu son âge il va prendre des responsabilités au FNJ (le front national de la jeunesse) pour Midi-Pyrénées et aussi pour les P.O. Voilà des jeunes adeptes de la "résistance cathare" !

Après tant de bons et loyaux services au FNJ le jeune homme devient en juillet 2013 le secrétaire départemental du FN en Haute-Garonne et naturellement se retrouvera sur la liste Serge Laroze aux municipales de Toulouse en 2014. La consécration vient en 2015, comme pour Thierry Viallon, avec un poste de Conseiller régional. Auparavant, comme pour Thierry Viallon les cantonales ne lui seront pas très favorables.

 Nous ne sommes plus dans le système ancien où nous assistions à une valse des candidats car chacun avait des idées propres à défendre dans le cadre du FN, alors qu'aujourd'hui les jeunes dirigeants sont là seulement pour défendre les chefs. Je pourrais faire la longue liste des dirigeants FN du TetG qui s'est arrêtée avec l'arrivée du permanent aux multiples mandats, Thierry Viallon.

En résumé cette classe politique FN n'a strictement rien d'original par rapport à la classe politique classique : il s'agit de professionnels de la politique vivant de l'argent public et plus soucieux du respect de la hiérarchie interne que de l'intérêt des populations. Jean-Paul Damaggio

 PS. : Dès le 16 octobre 2016 j'annonçais la candidature de Lopez.